Lourd c'est bien, lourd c'est plus fiable. S'il marche pas on peut toujours assommer avec…

Archives de mars, 2015

Extrait des « Fusûs al-hikam » de Ibn Arabi

Celui qui professe une foi dogmatique loue uni­quement la divinité incluse dans sa profession de foi et à laquelle il se rattache. Les œuvres qu’il accomplit lui reviennent, et en définitive il ne fait que se louer lui-même. […] L’éloge qu’il adresse à ce qu’il professe est donc un éloge qu’il s’adresse à lui-même. C’est pourquoi il blâme ce que professe autrui, ce qu’il ne ferait pas s’il était équitable. Celui qui se limite à cet objet d’adoration particulier est de toute évidence un ignorant, du fait même qu’il s’oppose aux convic­tions d’autrui au sujet de Dieu. S’il connaissait, en effet, la parole de Junayd : « La couleur de l’eau est celle de son récipient », il accepterait de chacun sa propre croyance ; il connaîtrait Dieu en toute forme et en toute profession de foi. De lui n’émane qu’une opinion, et non une science. C’est pour cela que Dieu a dit :

« Je suis auprès de l’opinion que Mon serviteur a de moi» ; Je ne Me manifeste à lui que dans la forme de sa croyance. Ainsi, la divinité des convictions dog­matiques est prisonnière des limitations ; c’est donc la divinité que contient le cœur de Son ser­viteur. La Divinité absolue, quant à Elle, ne peut être contenue par rien, car Elle est l’essence des choses et l’essence d’Elle-même.

Ibn Arabi – Les Chatons de la sagesse (Fusûs al-hikam)