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Extrait de « Comment le peupler juif fut inventé » de Shlomo SAND (Thème : Nation & Religion)

Extrait du livre de Shlomo SAND (Juif Israélien) 
Comment le peuple juif fut inventé, 2008 :

« C’est l’Américain Carlton Hayes, peut-être le premier chercheur universitaire spécialiste de l’identité nationale, qui compara, dès les années 1920, la force de celle-ci à la puissance des grandes religions traditionnelles. Hayes, qui était croyant lui-même, pensait encore que l’existence des nations remontait aux temps anciens, mais il mit l’accent sur l’aspect créateur et constructeur de l’idée nationale moderne et mena, par ailleurs, une comparai- son globale entre la croyance en un Dieu transcendant et la foi puissante dans la supériorité de la nation. Bien qu’il fût essentiel- lement spécialiste de l’histoire des idées, Hayes présumait que l’idéologie nationale constituait bien plus qu’une simple philoso- phie politique supplémentaire, expression d’un processus histo- rique socio-économique, car elle portait en elle un énorme potentiel destructeur ; les millions de morts « pour la nation » de la récente Grande Guerre étaient encore présents à sa mémoire lorsqu’il écrivit son premier livre.
Pour Hayes, le recul du christianisme dans l’Europe du XVIIIe siècle n’était pas l’expression de la disparition totale de la foi obstinée et ancestrale des hommes en des forces extérieures et supérieures à eux. La modernisation n’avait fait que transformer les anciens objets de la religion. La nature, la science, l’huma- nisme, le progrès sont des catégories rationnelles, mais qui incluent également des éléments de puissance surhumaine aux- quels l’homme reste subordonné. Le summum de l’évolution intel- lectuelle et religieuse de la fin du XVIIIe siècle fut l’apparition de l’idéologie nationale, qui, ayant pris naissance au cœur de la civili- sation chrétienne, en portait déjà dès le début certains des signes de reconnaissance. Tout comme l’Église dans l’Europe du Moyen Âge, l’État national régente la foi à l’époque moderne. Il se regarde comme remplissant une mission éternelle, exige qu’on l’adore, remplace le baptême et le mariage religieux par un enre- gistrement civil méticuleux, va même jusqu’à considérer ceux qui expriment des doutes quant à leur identité nationale comme des traîtres et des hérétiques, etc. »

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